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La centrale d’enrobage

zones_construites
L’image ci-dessus (source geoportail) montre la proximité des installations avec les premières habitations (à moins de 250 m).

Tout aussi inquiétant qu’instructif, ce reportage de l’émission « Envoyé Spécial » réalisé fin 2015 fait prendre conscience des dangers du bitume. A regarder absolument

Le processus industriel

Le processus industriel utilisé par la centrale implique l’utilisation de bitumes, comme liants dans les enrobés, mélangés à des granulats. Les bitumes sont des produits pouvant contenir divers additifs destinés à le fluidifier et abaisser sa viscosité.

A Savoir : le bitume est solide à la température ambiante. Il est plus ou moins chauffé selon les procédés de fabrication des enrobés, ce qui génère des émissions de fumées. Ces émissions croissent en fonction de la température auquel il est chauffé, allant de faibles pour des températures de l’ordre de 60°C (à froid), plus fortes dans les procédés « tièdes » à 110°C., importantes avec le procédé « classique » à 160°C.

Pour la centrale de Bellevue, la température de chauffe est de 150° pour environ la moitié de la production, et 170° pour l’autre moitié. Les rejets dans l’atmosphère passent par une cheminée de 14 m dont l’extrémité se confond avec le niveau du terrain naturel environnant, du fait de son installation en contrebas sur un palier. Les quartiers périphériques peuvent être directement affectés selon la direction du vent, et surtout s’il est faible.

La centrale fait réaliser un contrôle chaque année par un laboratoire accrédité COFRAT, sur une journée à forte activité, pour que les techniciens aient le temps de faire tous les prélèvements : COV, HAP, vitesse des fumées.


A Lire : pour se faire une idée globale des raisons de la lutte des nombreux collectifs en France, nous vous invitons à lire attentivement le Compte rendu de la conférence Bitume, Fumées et Santé Metz (Juin 2014)
En voici un extrait : « On dit souvent que les taux mesurés en sortie de cheminée sont corrects mais il y a un problème parce que tout ne passe pas par les cheminées et ces fumées là ne sont pas prises en compte. Il n’y a pas non plus d’analyse de l’exposition réelle des populations dans les couloirs concernés. En fait, se baser uniquement sur les rejets des cheminées est insuffisant parce qu’il faut intégrer les autres sources d’émissions et les concentrations à proximité, ceci pour une meilleure mise en relation du lien de causalité.
Le problème est que les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) restent dans l’air de quelques jours à plusieurs années. Pour les centrales qui sont là depuis longtemps, il faut aller voir la bioaccumulation via les bios marqueurs et notamment examiner l’eau, les algues et les poissons ».

Les rejets atmosphériques

L’exposition au long cours des populations avoisinantes de Boufféré et Montaigu ne fait pas l’objet de contrôles, les effets d’accumulation liés à la persistance des polluants ne sont donc pas évalués.

Dans les fumées, ce sont plus de 17 HAP qui ne sont pas soumis aux analyses annuelles : des COV, oxydes d’azote, souffre, benzène, benzo a pyrène, poussières, méthane, trichloréthylène, etc.

Les conditions de vie des riverains sont pourtant bien impactées. Certains quartiers plus que d’autres sont exposés : la Gaudine, la Canquetière, le Bois Joli, Mirville. Voir en début de page la localisation du site versus les zones construites.

Citons pour exemple la période de canicule en juillet 2018, avec des odeurs très fortes (au Bois Joli et ailleurs), interdisant l’aération des logements pour capter le peu de fraîcheur du matin…. Ce fait pose un vrai problème de santé publique, surtout pour les plus fragiles (personnes âgées, asthmatiques…).


Que dit la législation ?

Au niveau européen, la directive n°2004/107/CE du 15 décembre 2004 fixe la réglementation concernant l’arsenic, le cadmium, le mercure, le nickel et les hydrocarbures aromatiques polycycliques dans l’air ambiant. Cette directive a été transposée en droit français dans le décret n°2088-1152 du 7 novembre 2008. Parmi les HAP surveillés, seul le benzo(a)pyrène, cancérogène pour l’homme dans la classification du CIRC 5, est réglementé avec une valeur cible annuelle de 1 ng/m3.

Sur le territoire français, les dispositions légales en faveur de la protection de l’environnement s’appliquant aux installations classées étaient classifiées dans l’arrêté du 2 février 1998. Plus récemment, l’arrêté du 09 avril 2019 s’applique désormais spécifiquement aux centrales d’enrobage au bitume de matériaux routiers et définit l’ensemble des dispositions applicables pour la protection de l’environnement. A noter que certains seuils ont été abaissés comme les émissions de poussières. Également, de nouvelles contraintes s’imposent à l’exploitant, comme les valeurs limites de débit d’odeurs.

Des informations sur l’activité de l’entreprise ainsi que les textes publics disponibles sont accessibles sur la base de données nationale des installations classées du Ministère de la transition écologique et solidaire

A noter la date de la dernière inspection : 05/10/2016
Fiche de l’établissement

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